L'Histoire de mes assassins de Tarun Tejpal

Si vous avez aimé "Loin de Chandigarh", le précédent roman de Tarun Tejpal, vous pourriez être surpris par son nouveau roman, "L'histoire de mes assassins". Non pas que ce roman soit moins bon, moins prenant que le précédent, mais parce qu'il prend un virage complètement différent. Même si c'est encore les rapports humains et l'incommunicabilité entre les êtres qui est évoqué sur un tout autre plan, ici le point de vue est plus politique, social et se place plus du côté de la satire, de la critique acerbe d'une société corrompue où la pauvreté continue de se développer malgré une économie que l'on présente à l'international comme émergente. On avait déjà entre aperçu cet aspect dans le film, succès phénoménal de l'année, Slumdog Millionaire. Tejpal va encore plus loin dans ce roman et aborde des thèmes qu'il a souvent dénoncé dans ses articles, en tant que journaliste et éditorialiste engagé.



Le sujet

L'Histoire de mes assassins de Tarun Tejpal
Delhi, de nos jours. Le narrateur, un journaliste très renommé, apprend par un flash d’information qu’il vient d’échapper de justesse à une tentative d’assassinat. S’agit-il d’un complot fomenté contre lui suite à ses révélations de corruption au sein du gouvernement indien ? C’est au tribunal, escorté par une escouade de policiers et une équipe de juristes, que cet homme, qui ne connait rien de ses assassins, va peu à peu découvrir leur vrai visage…
Tout oppose les existences de ces criminels venus des entrailles de l’Inde rurale prêts à frapper pour quelques roupies, à celle du journaliste qu’ils doivent éliminer.
Des avenues de Delhi aux petites bourgades du nord du pays, on découvre les trajectoires violentes de Chaku (le tueur au couteau), Kabir (l’héritier musulman de la Partition sanglante de 1947), Kaliya et Chini qui vivent et volent dans la gare depuis l’enfance, sans compter Hathoda Tyagi (connu pour réduire la cervelle de ses victimes à coup de marteau). Ces cinq assassins, nés dans la cruauté et l’environnement innommable des masses indiennes, marqués par leur origine ont tous en commun d’avoir perdu trop tôt l’âge d’or de leur innocence…
En redonnant une dignité et une identité à ces cinq anonymes perdus dans l’immensité de la population indienne, Tarun J Tejpal les érige en martyrs devenus les symboles des grandes failles de l’Inde moderne. Il dénonce ainsi le système des castes, les conflits religieux persistants, la corruption et la misère…

Lundi 17 Août 2009
Fabienne-Shanti DESJARDINS

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