La Bhagavad-Gîtâ est le sixième livre du Mahâbhârata qui en compte dix-huit. C'est un poème symbolique, également de dix-huit chants, écrit par le poète Vyâsa dont on ignore où et quand il vécut. La Bhagavad-Gîtâ s'achève avant le combat. La bataille de Kurukshetra reprend ensuite jusqu'à la victoire totale des Pandavas, et Krishna quitte alors la région de Dvârakâ. Entré en méditation dans la forêt, Il y est frappé au talon par la flèche de Jâras, un chasseur qui l'avait pris pour un daim. Son esprit se sépare de son corps terrestre qui reste longtemps sans sépulture. Ses ossements furent retrouvés et recueillis plus tard, et ces reliques sont vénérées à Puri. Le sculpteur divin Vishvakarma représenta alors Krishna sous la forme de Jagannâtha ce qui signifie "Le Seigneur de l'Univers".
La légende dit que le sculpteur fut dérangé dans son travail qui demeura une ébauche grossière. C'est ainsi que les images les plus sacrées de l'hindouisme sont aussi les plus étranges, les plus simples et les moins figuratives du symbolisme hindou. Or, nous savons combien l'art de cette culture est précieux, délicat et raffiné. La simplicité de cette représentation est donc évidemment voulue et chargée de sens. Il est probable qu'en réalité, les Hindous ne veulent donner à leur divinité suprême aucune figuration anthropomorphe. Dans une mythologie très polythéiste, cela est tout à fait étonnant. C'est que le mythe de Krishna ne s'aborde pas vraiment avec l'intellect mais surtout avec le coeur. Ceci nous ouvre un large et nouveau champ de méditation sur la signification profonde du mythe.