Le cinéma Bollywood et ses stars

Dans "L'enfant de la Balle", l'excellent roman de John Irving, un médecin torontois d'origine indienne, mène une double vie. A Bombay, il est le scénariste de films séries B (comme Bollywood), avec un héros récurrent, à la fois détesté et adulé par les spectateurs. Toutes les arcanes du cinéma indien y sont décrites, le fanatisme à l'égard des stars comme les sujets chauds difficiles à traiter. (Un livre de John Irving à ne pas manquer...). A la lecture de ce livre, quand on ne connait pas ce monde là, on reste incrédule, cela doit être une invention littéraire pense-t-on alors. En effet pour un spectateur occidental, cela paraît incroyable de confondre un rôle avec son acteur. Pourtant la réalité est bien celle-là, en Inde, l'acteur est le rôle.

C'est sur ces mythes, sur cette adoration quasiment religieuse du cinéma, longues épopées d'amour et de valeurs, sortes de "soaps" ponctués par des chants et des danses, toujours très colorés, toujours très mouvementés, que repose le cinéma populaire indien.
5 milliards de spectateurs.
620 films produits dans l'année.
750 magazines de cinéma.
Le cinéma en Inde est une industrie plus que vénérable. Au point que Bombay (désormais appelée Mumbai) se surnomme Bollywood.



Histoire du cinéma en Inde

Le cinéma Bollywood et ses stars

L'histoire du cinéma en Inde débute le 7 juillet 1896 par la projection de six courts métrages des frères Lumière à l'hôtel Watson de Bombay. En 1912, Dadasaheb Phalke, que l'on considère comme le père du cinéma indien, tourne le premier film de fiction, Raja Harishchandra, un épisode du Mahâbhârata qui est présenté à la Presse et à quelques invités le 21 avril 1913. Le film connaît un énorme succès.

Vers 1920, l'industrie cinématographique indienne produit une trentaine de films par an, et dès les années 1930, la production annuelle dépasse 200 films.

En 1931, Alam Ara, avec ses dialogues en hindi et ses sept chansons, est le modèle de ce que deviendra la majeure partie de la production indienne. La surenchère, cependant, fera qu'un film comme Indrasabha comprendra 71 chansons. Une chose remarquable est la rapide diffusion du film parlant dans l'Inde entière et dans toutes les langues filmées, Ayodhiyecha Raja (1932) en marathi, Narasinh Mehta en gujarati (1932), Dhurvkumar en kannada (1934), Sita Bibaha en oriya (1934), Joymati en assamais (1935), Sheila en punjabi (1935) et Balan en malayalam (1938).

Le cinéma indien connaîtra un certain succès international à la sortie de Pather Panchali du réalisateur bengali Satyajit Ray en 1955. Satyajit Ray, qui a reçu un oscar pour sa carrière en 1995, peu avant sa disparition, est considéré comme l'un des plus grands cinéastes de tous les temps.

L'étonnant succès de Lagaan et de Devdas, des productions soignées, en occident est peut-être le début d'un nouveau marché pour le cinéma indien. D'autres films sortent en France avec de grandes promos, tous auréolés de leurs écrasants succès en Inde. Veer Zaara en avril 2006 par exemple et Black qui sort très prochainement..ce qui semblent prouver que ce cinéma là peut trouver une audience internationale certaine.

Les cinémas indiens


L'Inde est le premier producteur de films par an au monde - 1 200 pendant l'année 2002 - bien que la plupart d'entre eux soit des échecs commerciaux (en général 5% de films profitables). Mais le cinéma indien est le seul concurrent potentiel au niveau international pour le cinéma américain, d'autant que son style, son contenu sont souvent plus adaptés aux marchés arabes ou africains.

En outre les films indiens diffèrent de manière significative de n'importe quel autre genre de films dans le monde. Beaucoup de films indiens sont mélodramatiques, peu réalistes et d'une durée exagérément longue selon les standards américains et basés sur des scénarios inconsistants. Cependant, ils commencent à trouver un public en occident. La musique de film joue un rôle significatif dans le cinéma indien. Malgré cet environnement que l'on pourrait juger peu propice, quelques artistes véritables, au sens où on l'entend en Europe, ponctuent l'histoire du cinéma indien. L'abondance de films indiens correspond aussi surtout au fait que l'Inde étant un pays fédéral et mutilingues, chaque état produit ses films dans sa langue...la référence restant Mumbai avec Bollywwod.
Ainsi on peut dire qu'il existe des cinémas indiens et on se réfère à l'industrie cinématographique indienne par différents noms suivant les régions :

Bollywood (industrie cinématographique en hindi - le « Hollywood » indien à Bombay)
Kollywood (industrie cinématographique en tamoul, K pour Kodambakkam à Madras)
Tollywood (industrie cinématographique en Télougou, T pour télougou)
Mollywood (industrie cinématographique en malayalam, M pour Malayalam).

Au niveau international on ne connaît que le premier, le cinéma Bollywood.

Les principales caractéristiques du cinéma Bollywood ou cinéma Masala


On peut dire que l’Inde est le pays du cinéma. En effet dès sa naissance, le 7ème art a engendré en Inde une véritable passion. D’ailleurs la première projection a été donnée à Bombay en 1896 peu après celle de Paris. Les frères Lumière venus présenter là-bas leur invention ont même tourné sur place quelques courts-métrages. Depuis, l’Inde est devenue le premier producteur mondial de films avec trois grands centres : Bombay (films en langue hindi), Calcutta, la région de Satyajit Ray (film en bengali) et Madras (films tamouls). De plus le nombre de films dans les autres langues régionales (ourdou, telugu…) est en constante augmentation (plus de 350 par an).

L’Inde possède aussi plus de 12000 salles de cinéma et produit environ 800 à 900 films par an, soit trois plus que les Etats-Unis. Il y aurait aussi paraît-il, rien qu’à Bombay 10000 acteurs, dont 70 % aurait déjà eu un premier rôle…L’Inde exporte 85%de sa production vers l’Asie et le Moyen Orient . Mais cela concerne les films populaires, dits Bollywood, les films d’auteur et les films sociaux comme Salam Bombay, Fire, Le Mariage des Moussons,Maya (tout récemment) eux sont plus considérés par les pays occidentaux et y gagnent des prix..

L’expression « Bollywood » désigne les super-productions indiennes inspirées des studios hollywoodiens et assaisonnés à la sauce locale (masala). Depuis quelques années heureusement, elles commencent à connaître un certain succès en Occident malgré leur réputation de productions commerciales à l’esthétique kitsch et stéréotypées.

Les principales caractéristiques des films Bollywood sont les suivantes :

1/ La longueur : ce sont en général des films-fleuves qui durent entre 3 et 4 heures (avec un entracte)

2/ Le mélange des genres : il n’y a pas de cinéma par catégorie comme dans les pays occidentaux, cinéma fantastique, films d’amour…etc. Dans les productions Bollywood, le mélodrame côtoie la comédie musicale, le film d’aventure, le policier et même le merveilleux sans jamais prétendre au réalisme. Il faut qu’un film soit tout à la fois. Et la tradition hindoue transparaît souvent par des allusions au sacré. Les spectacteurs indiens réagissent face au film, ils sifflent, injurient les méchants, applaudissent les héros, les préviennent du danger, chantent avec les acteurs etc…c’est une ambiance très particulière. Pour eux, le cinéma est un fantastique moyen d’évasion de la réalité, et leur permet de se libérer de leur difficile quotidien et de leur dure et parfois très dure condition de vie quelques instants…C’est pourquoi le cinéma indien doit tout être à la fois pour leur offrir encore plus de distraction et de rêve.

3/ Musique et danse . En ce qui concerne l’aspect comédie musicale, toujours présent dans les films, il faut à chaque fois 6 danses et trois chansons en gros dans les productions actuelles, qui expriment les malheurs du héros, les scènes de rencontre amoureuses ou même les scènes d’amour, les moments heureux enfin vers la fin de l’histoire par exemple. Ces morceaux chantés sont destinés à mettre en valeur les acteurs idolâtrés.. Les chansons ne sont pas chantées par les acteurs eux-même, ce n’est pas grave car ce qui compte c’est l’alchimie, le choix judicieux du réalisateur qui a sélectionné la voix qui correspond au visage de son acteur ou actrice…Ce sont souvent les mêmes chanteurs qui sont sollicités. Ainsi, par exemple, Asha Bhosle, a doublé plus d’un millier de rôles de femmes de sa voix sirupeuse et suraiguë. Il en est de même pour Udit Narayan pour les rôles de jeunes premiers, notamment surtout l’acteur Aamir Khan. Les bandes originales sont ensuite commercialisées avec succès, et dans les rues, en Inde, les conducteurs de rickshaws, les chauffeurs de taxi….etc les chantent par cœur…

4/ Les conventions : les acteurs doivent sur jouer afin que leurs expressions doivent être comprises par tous les Indiens qui ne parlent pas le hindi, la langue principale des tournages des films Bollywood. La barrière de la langue et la censure incitent également les scénaristes à broder sur des thèmes simples avec des personnages manichéens et stéréotypés au service de la moralité.

5/ L’érotisme : il y en a toujours un peu qui pointe sous cet apparent respect de la moralité. Les tenues et les danses des actrices sont souvent suggestives et lascives…Au point que les autorités islamiques s'en offusquent.

Bollywood en quelques dates


1896 : Le 7 juillet, première projection cinématographique en Inde, à l'hôtel Watson de Bombay. La nouvelle invention des frères Lumière est saluée par le Times of India comme la "merveille du siècle".

1913 : Premier film indien de fiction, dont le sujet est mythologique: Raja Harishchandra de D. G. Phalke. Commence l'âge d'or du muet. Hélas, nombre de films tournés à cette époque ont disparu (plus de mille deux cents!).

1929 : Fondation, près de Bombay, de la Prabhat Film Company, qui tourne ses films en langue marathi.

1930 : Fondation, à Calcutta, de la New Theatres Ldt, d'où sortira la première version de Devda.s filmée par P. C. Barua, en langue bengali.

1931 : Naissance du cinéma parlant, en Inde, avec le film La Lumière du monde, d'Ardeshir Irani, tourné en hindi. C'est l'époque flamboyante des premières comédies musicales, inspirées du théâtre sanskrit et des grands mythes fondateurs. Parallèlement, un discours politique se fait jour, coïncidant avec l'affirmation du mouvement national indien.

1934 : Création de la Bombay Talkies par le grand producteur Himansu Rai.

1940-1950 : Les grandes compagnies s'effacent devant l'émergence de producteurs indépendants. Imitation du grand frère Hollywood, avec l'apparition de stars aux cachets extravagants.

1947-1960 : Renforcement d'une conscience politique au moment de l'accession de l'Inde à l'indépendance. Incarnation de cette époque, le film Mother India (1957), de Mehboob Khan, reflète le désir de construire ensemble une nouvelle nation.

1960-1970 : Le cinéma indien se met à lorgner au-delà de ses frontières. Les thèmes à la mode sont la jeunesse et le désir de libéralisation sexuelle. Les affiches se teintent même de références psychédéliques !

1970-1980 : Reflétant les agitations politiques et la montée de la violence urbaine, le cinéma indien met en scène la figure du héros masculin aux prises avec les difficultés de son destin. C'est l'avènement d'une des stars les plus populaires de Bollywood : Amitabh Bachchan.

1980-2004 : Affirmation d'un style hollywoodien de luxe, à l'intention du public occidental. En témoignent les derniers films de Mira Nair (Kama Sutra, A Tale of Love en 1996, Le Mariage des moussons en 2001) ou la dernière version chamarrée de Devdas par Sanjay Leela Bhansali (2002).

(Source : Beauté indienne - Le style Bollywood de Bérénice Geoffroy-Schneiter - Editions Assouline).

La fonction de la musique et de la danse dans le cinéma Bollywood


À Bollywood, on ne s'embrasse pas, les censeurs et le public ne le tolèreraient pas. Ainsi les numéros musicaux sont un substitut au contact sexuel, la danse est érotisée et la caméra s'attarde volontiers sur les zones érogènes des actrices, tout particulièrement leur… nombril, que dévoilent les saris traditionnels. Les stars, qui semblent avoir pour l'eau une attirance particulière, apparaissent fréquemment dans des vêtements mouillés, qui révèlent leurs formes et collent à la peau de façon sensuelle et provocante. Puisque la censure interdit que les acteurs s'embrassent, on exprime par la danse de quoi on veut vraiment parler. Des mouvements clairement sexuels sont souvent. Aussi le reste de la chorégraphie n'est pas trop élégant - mais très vite. Après 2 à 3 pas de danse la scène est coupée, ce qui permet aussi des changements de costumes fréquents. Contrairement aux musicals occidentaux, où les chansons et la danse font part de l'histoire, dans les films indiens on ne fait pas toujours cet effort. Un moment les amants étaient encore seuls sur un escalier de temple - le prochain ils se retrouvent déjà dans le parc d'un palais, avec environ 30 statistes qui les soutiennent fortement en chantant et dansant. Dans les chansons il s'agit généralement d'un commentaire de l'action du film, ou l'héros et l'héroïne s'admettent leur amour. Et si la belle jeune femme se trouve tout d'un coup dans la pluie et le sari mouillé colle à son corps, il ne reste plus rien à rêver...

Chaque film bollywoodien est ponctué par des séquences musicales.

• Ces numéros dansés et chantés, très élaborés, expriment les émotions des protagonistes, leurs fantasmes romantiques et érotiques.

• Des intermèdes - sans rapport direct avec l'intrigue – sont également ménagés, durant lesquels une danseuse interprète,face à la caméra, un numéro "suggestif" d'une "brûlante sensualité".

• L'intégration de numéros musicaux est une constante du théâtre classique indien et du théâtre urbain Parsi des XIXème et XXème siècles. Au cours des dernières années, ces chorégraphies ont été influencées par de multiples styles contemporains, du disco à l'aérobic.

• Ces chansons sortant désormais avant le film, leur succès est un précieux indicateur de son box-office potentiel. Les films bollywoodiens obéissent à des codes narratifs immuables.

• Ils sont rythmés par une série de temps forts mélodramatiques et émotionnels.

• Ils racontent tous une histoire d'amour entre un héros – sympathique et séduisant – et une jolie fille.

A la conquête de l'Occident


Déjà très bien distribué en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, le cinéma Bollywood est en train de conquérir l'Occident avec comme fer de lance l'Angleterre où vit une forte communauté indienne. Là-bas, les films Bollywood remplissent les salles depuis les années 70. Même les Etats-Unis sont touchés par ce phénomène depuis que Taa de Subhash Ghai est sorti avec succès en 1999.

Par ailleurs, certains réalisateurs savent renouveler le genre en épurant ses conventions. Et leurs oeuvres sont de plus en plus remarquées dans les festivals. C'est le cas de Sanjay Leela Bhansali avec Devdas présenté hors compétition à Cannes, et de Lagaan par Aamir Khan grand prix du public à Locarno en 2001.

Pourtant en France, ce cinéma "populaire" indien souffre encore d'une réputation relativement péjorative en France. Il est souvent qualifié de "kitsh", exotique, naïf et pauvre sur le plan de l'intrigue, pas regardable en occident. Autant de préjugés qui auraient tendance à perdurer tant que très peu de gens auront l'occasion de voir ces films. Bon il faut être honnête, et reconnaître que certaines productions sont de moins bonnes qualité, trop commerciales et réalisées à la va-vite, mais c’est aussi le cas également dans le cinéma français ou américain alors…laissez-vous tenter. Surtout que l’accueil de Lagaan et de Devdas a été plutôt bon à Paris alors, et que d'autres films Bollywood sont prévus dans les cinémas parisiens prochainement. De plus de noombreux festivals autour du cinéma Bollywood ont eu du succ-s en France, ainsi que des semaines Bollywood à la télévision sur ARTE par exemple et très prochainement sur CANAL +. Est-ce que la tendance serait entrain de se retourner en France ?

Maintenant, laissez-moi vous présenter différentes personnalités clés du cinéma populaire indien, de véritables stars dans leur domaine en Inde et aussi internationalement pour certains (la liste est bien sûr non exhaustive) :

Amitatbh Bacchan, la plus grande star de Bollywood en Inde et à l’étranger

Le cinéma Bollywood et ses stars

Amitabh Bachchan est considéré comme la plus grande star de Bollywood en Inde et à l’étranger. On affirme d'ailleurs souvent qu’il a plus de fans dans le monde que n’importe quel autre acteur, y compris les plus grandes stars d’Hollywood. La position qui est la sienne et ses nombreux voyages ont fait d’Amitabh Bachchan l’ambassadeur culturel du cinéma indien.

Son père était le poète de langue hindi Vater Harivansh Rai, disparu récemment. Elève dans un internat, il étudie les arts à l’université de Delhi. Il se fait remarquer dans ANAND d’Hrishikesh Mukherjee (1970), et devient la star la plus adulée d’Inde dans les années 1970. Le succès de Bachchan semble ne pas connaître de limites, qu’il joue un rôle comique comme dans BOMBAY TO GOA, ou celui d’un jeune guerrier enragé dans ZANJEER et DEEWAR. Sa voix de baryton impressionnante lui a également valu le succès en tant que chanteur : en effet contrairement à la plupart des acteurs indiens, il a chanté lui-même un grand nombre des chansons de ses films. Son étoile commence à pâlir lentement dans les années 1980 et il se retire du métier pendant quelques années au début des années 1990. Il est alors élu député, avant de devoir renoncer à cette fonction suite à un scandale politique.

Mais depuis les années 90-2000, "Big B", comme on le surnomme fréquemment, tourne à nouveau de nombreux films. Il a ainsi enchanté son public avec MOHABBATEIN, KABHI KHUSHI KABHIE GHAM (la famille indienne), DEV et BAGHBAN.

Bachchan est marié depuis les années 1970 avec Jaya Bhaduri, qui fut pendant des années sa partenaire à l’écran. Son fils Abhishek est également un acteur apprécié de Bollywood et qui a récemment épousé la star "Aishwarya Rai. Un des derniers films les plus intrigants où il a joué, s'intitule "Black "(sortie 2005)et sera projeté au Salon du Cinéma. lI y incarne un rôle très complet et très fort." C'est véritablement le retour en force de cet acteur vraiment à part dans le cinéma populaire indien.

Shah Rukh Khan, le nouvel acteur mythique du cinéma indien

Le cinéma Bollywood et ses stars

A tout juste 40 ans, il est né en 1965 à Delhi, Shah Rukh Khan est le seul acteur en dehors d’Amitabh Bachchan, à prétendre au titre de plus grande star de Bollywood pendant plus de dix ans et qui le reste.

Il fait ses débuts à la télévision à Delhi, part ensuite pour Bombay, et remporte un succès d’estime dès son premier film, intitulé DEEWANA. Après avoir joué dans un premier temps les rôles de méchants, comme dans DARR et BAAZIGAR, il incarne un héros positif et défenseur des valeurs familiales dans DILWALE DULHANIA LE JAYENGE, KABHI KHUSHI KABHIE GHAM et KAL HO NAA HO.

Khan fait partie intégrante du cinéma indien contemporain ; il réunit tous les types de héros, et joue aussi bien les jeunes amoureux que les maris et pères d’âge mûr. Il a incarné un chauffeur routier indien, ainsi que des “NRI” (Indiens non résidents) prospères vivant en Europe et aux Etats-Unis. Il est incontournable pour l’ensemble des réalisateurs de Bollywood. Yash Chopra, Karan Johar et Mani Ratnam lui-même l’ont fait jouer dans leurs films. Shah Rukh et sa femme Gauri ont récemment fondé une société de production, Dreamz Unlimited. Shah Rukh a de nouveau connu le succès dans le premier film réalisé par Farah Khan en 2004 et intitulé MAIN HOON NA. Depuis Il a tourné dans DEVDAS qui l'a consacré en star internationale avec sa partenaire Aishwarya RAI et dans SWADES, (film Bollywood à vocation plus sociale) de Ashutosh Gowariker, sorti en 2005 à Paris.

Un autre film, gros succès en Inde ayant comme acteur principal Shah Rukh, sort en avril 2006 à Paris et est très attendu. Il s'agit de Veer Zaara, où il aura comme partenaire la jolie et talentueuse Rani Mukherjee. Un film qui raconte une histoire d'amour sur fond de conflit Indo-Pakistanais.


Aishwarya Rai, l'ex-miss Monde devenue la STAR féminine du cinéma indien

Le cinéma Bollywood et ses stars

Cette actrice de 32 ans, née en 1973 au Karnakata à Mangalore est incontestablement le visage féminin le plus connu actuellement du cinéma indien.

Cette Miss Monde 1994 est la reine de beauté qui a remporté le plus de succès dans le cinéma indien. Après un succès d’estime remporté avec le film tamoul JEANS et avec TAAL de Subhash Ghai, elle connaît en 2002 le plus grand succès de sa carrière avec DEVDAS. Ce film est l’un des premiers films indiens à avoir été projeté à Cannes ; un an plus tard, Rai est invitée à être membre du jury du festival. Elle est aujourd’hui si connue en Occident qu’elle est la première actrice indienne à figurer dans le Musée de cire de Madame Tussaud.

Aishwarya Rai symbolise l’évolution actuelle du cinéma de Bollywood. Les concours de beauté et élections de Miss connaissent un succès croissant auprès des jeunes filles des classes moyennes en Inde. Nombreuses sont les reines de beauté à tenter ensuite leur chance dans le cinéma. La première actrice connue à avoir embrassé cette carrière avec succès s’appelle Sushmita Sen. Elle a été suivie par Lara Dutta et Bipasha Basu, qui ont accédé à la notoriété en tournant dans des films de Bollywood et dans des films régionaux. Un des derniers films d’Aishwarya Rai s’appelle CHOKHER BALI ; il a été tourné en bengali par Rituparno Ghosh d’après un roman de l’Indien Rabidranath Tagore, Prix Nobel de littérature. Il a pourtant déçu le public, tant en Inde qu’à Cannes.

Aishwarya semble promise à une carrière internationale. Après Coup de Foudre à Bollywood, une coproduction avec Hollywood, elle a été séléctionnée pour jouer dans le prochain volet d'Astérix aux côtés d'Alain Delon, Jean-Claude Vandamme, Gérard Depardieu, Clovis Cornillac. Excusez du peu. On l'avait aussi un temps pressenti pour être la future James Bond Girl et elle a joué dans un film américain avec Mathew Mc Connaughey. Elle a aussi joué en Inde dans le blockbuster Indien, Guru, avec son mari depuis Abishek BACHAN, fils de Big Bachan (Amitabh). En épousant l'acteur, elle est rentrée dans l'une des familles les plus mythiques du cinéma Indien et international

Le cas Aamir Khan

Le cinéma Bollywood et ses stars

Aamir Khan a brûlé très tôt les planches, et a accédé ensuite à la notoriété comme champion de tennis.
Ses films à succès QAYAMAT SE QAYAQMAT TAK (1988) et DIL (1990, aux côtés de Madhuri Dixit, en ont fait rapidement l’un des acteurs les plus respectés de Bollywood. Il a toutefois connu également des échecs retentissants comme avec AKELE HUM AKELE TUM, drame qui raconte l’histoire d’un divorce. Il est redevenu l’une des plus grandes stars de Bollywood avec RAJA HINDUSTANI (1997).

Khan est connu pour ne pas travailler en même temps sur plusieurs films, comme la plupart des stars, mais de se concentrer toujours sur un seul projet. Il est un adepte du method acting, et incarne des rôles dans tous les genres du cinéma indien, de la comédie à l’action en passant par les drames et les films d’amour. Il a été encensé par la critique pour son rôle dans le film Arthouse EARTH de Deepa Mehta, réalisatrice indienne qui vit à l’étranger. Il a connu d’emblée un succès mondial avec le premier film qu’il a produit, LAGAAN, dans lequel il joue le rôle principal.

Son dernier succès, une coproduction britannique comme Lagaan, "THE RISING : THE BALLAD OF MANGAL PANDEY (2005)" mis en scène par Ketan Mehta, est un véritable film fleuve historique inspiré d'une histoire vraie et d'un personnage de l'histoire indienne ayant vraiment existé, et dont Aamir Khan assure la production en même temps que le rôle principal.

Ashutosh Gowariker, un metteur en scène prometteur

Le cinéma Bollywood et ses stars

Ashutosh Gowariker a commencé dans le cinéma en tant qu’acteur. Il a notamment joué dans le film de David Rathod intitulé WEST IS WEST (1986), qui raconte l’histoire d’un jeune Indien qui veut étudier aux Etats-Unis et qui rencontre des difficultés pour s’adapter à la culture du pays, qui lui est étrangère.

Après avoir réalisé deux films qui ne marchent pas très bien, il devient célèbre du jour au lendemain avec LAGAAN, son troisième film. Sa nouvelle œuvre intitulée SWADES est sortie fin 2004 dans les cinémas indiens, et est déjà sur les écrans en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Il n'a pas eu le succès commercial escompté dans ces pays et en Inde, même si à Paris son avant-première a eu un grand succès. Cette œuvre, qui traite du retour après un séjour en Occident, a cependant suscité l’adhésion de la critique et du public : il raconte l’histoire d’un scientifique indien qui travaille à la NASA, l’agence spatiale états-unienne, et qui revient en Inde pour rendre visite à sa nourrice. Il commence alors à s’intéresser activement aux problèmes de son pays d’origine.

Gowariker envisage un nouveau projet d’envergure, qui consiste à réaliser un film sur Mahatma Gandhi, dont les idées politiques sur le développement de l’Inde rurale et la tolérance entre castes ont largement influencé LAGAAN et SWADES. Ces deux films ont fait de Gowariker l’un des plus grands réalisateurs indiens contemporains. Nul doute qu’il continuera sur cette lancée.

A. R. Rahman, un tamoul devenu compositeur star de musique de films dans toute l'Inde

Le cinéma Bollywood et ses stars

Né en 1966 in Madras (devenue Chennai), A.R.Rahman a bouleversé en peu de temps la musique du cinéma tamoul, l’une des plus grandes industries cinématographiques du Sud de l’Inde, avec les bandes son qu’il a composées pour ROJA de Mani Ratnam et GENTLEMAN de Shankar au début des années 1990. Il a intégré dans ses musiques de films des éléments de rap, de hip hop, de musique arabe et de diverses musiques populaires. Il a réussi au fil du temps à faire une synthèse de plus en plus réussie des instruments de musique traditionnels indiens et occidentaux.

Après avoir jeté des regards envieux vers Madras, Bollywood a immédiatement copié ce nouveau style à succès.

Rahman est sollicité par Ram Gopal Varma en 1995 pour travailler à Bombay sur RANGEELA, qui sera son premier succès à l’échelle de l’Inde. Il est désormais également incontournable dans l’industrie du film hindi. Il a composé des musiques pour des films de Subhash Ghai et Ashutosh Gowariker, et est l’auteur d’un grand nombre de chansons formidables que l’on entend entre autres dans TAAL, DIL SE, LAGAAN, et SWADES. Rahman continue à travailler pour le cinéma tamoul et telugu ; il écrit en moyenne la musique de sept ou huit films par an. Un grand nombre de ces bandes sonores sont remarquables, mais malheureusement ne sont pas connues en dehors des Etats de Tamil Nadu et Andhra Pradesh.

Mani Ratnam, un metteur en scène de film tamoul engagé


Etant d'origine tamoule moi-même, il est important pour moi de ne pas oublier la contribution du Tamil Nadu au cinéma indien. Surtout que la production Kollywood (de Madras) compte une filmographie impressionnante, même si elle n'est pas toujours de qualité.

Mani Ratnam, est un metteur en scène tamoul né à Maduraï. Il a connu le succès dans le cinéma tamoul dès ses premiers films comme MOUNAM. ROJA a quant à lui été un succès non seulement en tamoul, mais également dans sa version hindi. Ratnam influence un grand nombre de réalisateurs actuels, et la mise en scène de ses scènes mêlant danses et chants (le plus souvent en collaboration avec le compositeur A. R. Rahman) a sorti Bollywood de sa léthargie au début des années 1990. Avec BOMBAY, Ratnam est le premier réalisateur indien à oser parler dans un film populaire des émeutes de Bombay de 1992 et 1993. Ce film tourné en tamoul a également été un succès dans sa version hindi. DIL SE, film tourné par Ratnam en hindi en 1998, est joué par Shah Rukh Khan.
Les chansons du film font parmi des scènes associant chants et danses les plus réussies des années 1990.

En 2002, Ratnam tourne le film A PECK ON THE CHEEK, qui a pour toile de fond un conflit politique, comme certains de ses autres films. Il n’est pas rare que les films de Ratnam soient projetés dans des festivals internationaux et dans les salles de cinéma états-uniennes et européennes, comme par exemple son dernier film intitulé YUVA, tourné en hindi. Son cinéma d’origine reste cependant le cinéma tamoul, qui commence tout doucement à être reconnu par la critique comme il le mérite grâce à des réalisateurs comme lui.

Ram Gopal Varma, un cinéaste telugu, d'Andra Pradesh


Ram Gopal Varma est avec Mani Ratnam l’un des principaux réalisateurs du cinéma indien contemporain. Ram Gopal Varma n’est pas non plus originaire de Bombay, mais de l’industrie cinématographique régionale. Le cinéma telugu, langue de la région d’origine de Varma, est aujourd’hui le plus gros producteur de cinéma d’Inde sur le plan quantitatif. Le telugu est parlé par environ 80 millions de personnes dans l’Etat indien d’Andhra Pradesh.

Varma s’est fait connaître dans l’Andhra Pradesh avec SHIVA. Il a influencé durablement Bollywood avec son premier film en hindi, intitulé RANGEELA. Il y a introduit une nouvelle esthétique, s’est assuré les services du compositeur indien contemporain le plus en vogue, A. R. Rahman, et a été le premier réalisateur indien classique à montrer une image différenciée de Bombay, métropole mondiale. Il a dressé le portrait des bas-fonds de la criminalité de Bombay dans deux autres de ses films tournés en hindi, SATYA et COMPANY. Ces derniers temps, Varma s’est consacré d’abord à la production et au soutien de différents projets, tant dans son Etat natal, l’Andhra Pradesh, où il a aidé des réalisateurs à succès comme Krishna Vamsi, qu’à Bombay. Il a déclaré ne plus vouloir se consacrer surtout à la réalisation, et souhaite produire avec sa propre société The Factory sept ou huit films par an, voire plus.

Varma s’est toujours efforcé de créer des genres cinématographiques, comme en témoigne le film qu’il a récemment réalisé, BHOOT. Plusieurs films d’horreur ont déjà été tournés en Inde depuis les années 1940, mais BHOOT a déclenché une véritable vague de productions similaires. Varma a produit des films à mi-chemin entre le cinéma commercial et le cinéma d’art et d’essai ; on citera comme exemple récent MAIN MADHURI DIXIT BANNA CHAHTI HOON de Chandan Aror, qui brosse un portrait réaliste d’une danseuse qui veut devenir une star de cinéma.

Karisma Kapoor, une autre superbe star féminine à envergure internationale

Le cinéma Bollywood et ses stars

Née en 1974, fille de Randhir Kapoor, grande star Bollywoodienne, elle appartient à l'une des familles les plus importantes de l'histoire de Bollywood, les Kapoor, et incarne la nouvelle génération de cette famille mythique du cinéma indien
En effet la famille Kapoor c'est cinq générations dans le cinéma, avec notamment le monumental réalisateur Raj Kapoor, grand-père de Karisma... et sa vedette de soeur Kareena, qui a débuté beaucoup plus récemment. Karisma, elle, connaît une étonnante longévité au sommet du star-system d'où les actrices sont souvent évincées au bout de peu d'années : Bollywood voue un culte à la beauté sans rides de la jeunesse féminine indienne...
Ses grands débuts remontent à l'aube des années '90, et depuis lors, sa popularité n'a pas décru. Elle a d'ailleurs deux fois obtenu le Filmfare Award de la meilleure actrice en 1996 pour son rôle dans "Raja Hindustani" et en 2000, grâce à Fiza. Ce dernier film, où lui a été confié le rôle-titre, marque d'ailleurs une evolution dans sa carrière, vers un jeu d'actrice moins conventionnel et plus artistique, que l'on retrouve aussi dans Zubeida (2001). Auparavant, Karisma se cantonnait plutôt à des rôles peu exigeants, mettant en valeur ses talents de danseuse, ses yeux clairs et sa plastique séduisante. Ses films les plus récents sont, parmi une filmographie impressionnante en nombre :

Zamaanat (2005)
Mere Jeevan Saathi (2005) ... Natasha
Baaz: A Bird in Danger (2003) ... Neha Chopra
Elle est aussi l'héroine d'une série télévisée sur sa vie "Karisma: A Miracle of Destiny" (2003) (mini) TV Series"
Rishtey (2002) ... Komal Singh
Shakti: The Power (2002) ... Nandini (Nomination, Filmfare Best Actress Award, film qui sort en juin 2006 en France)
Haan Maine Bhi Pyaar Kiya (2002) ... Pooja Kashyap
Ek Rishtaa: The Bond of Love (2001) ... Nisha Thappar
Aashiq (2001) ... Pooja

Kareena Kapoor, la Princesse de Bollywood

Le cinéma Bollywood et ses stars

Soeur de Karisma, celle qu'on appelle la Princesse de Bollywood, a une filmographie intéressante. Elle joue dans un des plus grands succès du cinéma Bollywood : la Famille Indienne (Kabhi Khushi Kabhi Gham), tout en participant à des films plus originaux tel que Asoka ou, tout dernièrement, "Yuva" de Mani Ratnam. Même si on essaie d'opposer les deux soeurs, elles se disent très proches dans la vie. Kareena étant la plus jeune, elle a le surom de "Bebo". Dans les films, on met très souvent sa plastique en valeur, mais elle sait varier ses prestations. Ses films les plus récents :

Khatta Meetha (2006) (annoncée)
Love Story 2050 (2006) (annoncée)
Othello (2006) (en pre-production)
Mr. Mehta & Mrs. Singh (2006) (en pre-production) .... Mrs. Singh
36 China Town (2005) (pre-production)
Don (2006) (en cours de tournage) .... Helen
Milenge Milenge (2005) (post-production) ....
Dosti: Friends Forever (2005)
Kyon Ki? (2005) .... Dr. Tanvi Khurana
Bewafaa (2005) .... Anjali Sahai
Hulchul (2004) .... Anjali

Une chorégraphe pour films Bollywood devenue metteur en scène, Farah Khan


Farah Khan a grandi dans le milieu de Bollywood. Son père est réalisateur, son frère aîné Sajid Khan est acteur et dance director, et elle est apparentée à la famille de Javed Akhtar. Farah Khan n’est à l’origine pas danseuse de formation ; ce n’est que lorsqu’elle voit le clip de Michael Jackson intitulé "Thriller" qu’elle commence à s’intéresser sérieusement à la danse.
Elle fonde la troupe The Sphinx, et chorégraphie en 1992 son premier film. Elle en compte désormais plus d’une centaine à son actif, parmi lesquels on citera KABHI KHUSHI KABHIE GHAM, MONSOON WEDDING et DIL TO PAGAL HAI. En 2004, elle se lance enfin dans la réalisation, avec une grande réussite : MAIN HOON NA devient l’un des plus grands succès de l’année. Ce film de divertissement enlevé a été soutenu par quatre membres de la famille Khan : Gauri Khan en est la productrice, Zayed Khan et Shah Rukh Khan les acteurs principaux, et Farah Khan en est la réalisatrice. Elle refera certainement parler d’elle.

Javed Akhtar, le plus célèbre des paroliers de chansons de films


Né en 1945 à Gwalior, Madhya Pradesh, Javed Akhtar est le descendant de sept générations d’écrivains et de poètes. Son père était le fameux poète Jan Nisar Akhtar, qui écrivait en urdu, langue étroitement apparentée à l’hindi, mais dont le vocabulaire puise dans le persan et l’arabe. Akhtar est le plus connu des paroliers (lyricist) du cinéma indien. Dans les années 1970, il a même écrit les paroles des films qui ont rendu célèbre Amitabh Bachchan dans le rôle d’un rebelle militant de la lutte des classes, et parmi lesquels on citera DEEWAR et ZANJEER ; il est encore recherché aujourd’hui pour ces interprétations, comme dans MAIN NOON NA, premier film réalisé par Farah Khan, qui fut un grand succès en 2004. Il s’est vu décerner de très nombreuses récompenses en tant que parolier.

Akthar a écrit plus de trente scénarios, en collaboration avec Salim (Khan) jusqu’au début des années 1980, puis seul. SHOLAY (1975) est particulièrement célèbre ; il a écrit récemment le scénario de LAKSHYA, film à succès réalisé par son fils, Farhan Akhtar. Il a publié en 1995 un recueil de poèmes en urdu. Il est marié avec l’actrice et militante des droits des femmes Shabana Azmi, dont le père, Kaifi Azmi, fut également un fameux poète de langue urdu.

Lata Mangeshkar, reine incontestée du play-back chanté depuis 50 ans !

Le cinéma Bollywood et ses stars

Le play-back est l’un des éléments du cinéma indien traditionnel depuis les débuts du film parlant en Inde, symbolisé par le film ALAM ARA tourné en 1931. Personne ne s’offusque que les chansons et les dialogues soient dits par des voix différentes, ce qui confère une qualité irréelle au film. Les chanteurs de play-back sont si importants que leurs noms figurent en gros caractères aux génériques de début et de fin. Les bandes sonores avec les chansons des films sont mises en vente avant les sorties en cinéma, et sont souvent connues du public avant qu’il ne voie les films. Lata Mangeshkar, née en 1929, est la plus connue et la plus brillante des interprètes de play-back, dont le travail est aussi important que celui des acteurs. Lata naît à Indore dans une famille marathe. Très jeune, elle perd son père et doit chanter pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.

Elle connaît un succès immédiat dès 1947 en chantant les œuvres du compositeur de musique de film Naushad et depuis la notoriété de sa voix n'a cessé de grandir. S'il y a une chose sur laquelle les Indiens et les Pakistanais s'accordent, c'est sur la voix de Lata, tous lui décernent le titre de reine de la mélodie. On citera parmi ses derniers grands succès les chansons qu’elle a interprétées dans LAGAAN et KABHI KHUSHI KABHI GHAM. Mangeshkar et sa sœur Asha Bosle, qui est également une chanteuse célèbre, règnent sur Bollywood depuis cinquante ans, et ont plus de succès à leur palmarès que toutes les autres interprètes : elles en comptabilisent chacune 20 000, comme l’indique le Livre Guinness des Records.

Elle est connue pour son interprétation extraordinaire de Aye mere watan ke logon dans un camp militaire durant la guerre sino-indienne de 1962.

Elle a remporté toutes les récompenses culturelles indiennes (Dadasaheb Phalke, Kalidas Samman, maharashtra Puraskar...) et a été décorée de la Bharat Ratna, la plus haute récompense civile décernée par l'état indien.

Pour la petite histoire, en 2002, la chanteuse Shari Watson (connue sous le nom de Truth Hurts), ses producteurs DJ Quick et Dr. Dre, président de la maison de disques Aftermath Records obtiennent un succès mondial avec leur chanson Addicted. Cette dernière contient un long sample de Lata Mangeshkar (film Jyoti, morceau Thoda Resham Lagta Hai) par dessus lequel Truth Hurt exécute un rap aux paroles nettement obscènes. Le sample donne tout son cachet au titre, mais l'emprunt s'est avéré être un vol qualifié puisqu'Aftermath Records n'avait aucune intention de reverser le moindre droit d'auteur à Lata Mangeshkar ! Un procès a abouti, semble-t-il, à une négociation à l'amiable d'un montant très important. Ce n'est que justice !

Pour conclure, la folle histoire des studios Ramoji


Bollywood c'est aussi la folie et la démesure, c'est ce que démontre l'histoire des studios Ramoji.

Ramoji Rao est un milliardaire visionnaire qui possède quelque 17 journaux et 4 chaînes de télévision en Inde. A une heure de voiture d'Hyderabad, il a fait construire le plus grand studio de cinéma du monde, à ciel ouvert, en altitude, Ramoji Film City (RFC). Une véritable ville dédiée au cinéma. Un travail colossal pour faire émerger un studio idéal. Et environ 600 millions de francs de dépenser (et 6 000 employés à payer). Tout y est "nec plus ultra". la technologie est dernier cri. Tout vise à faire de Ramoji, une capitale du cinéma. En Asie, il n'y aucun autre endroit aussi bien équipé. Ramoji Film City est un véritable palais des mille et une nuits dédié à l'industrie du rêve. L'ambition du projet de Ramoji est d'offrir aux productions du monde entier le nec plus ultra de la technologie dans une infrastructure moderne et pour des prix défiant toute concurrence. L'idée a pris forme en 1992. Les studios ont ouvert au début de l'année dernière. Ils ne constituent que la première étape d'un projet extrêmement ambitieux. 100 films y ont déjà été tournés. À Ramoji Film City, rien ne semble impossible. 7 500 personnes, dont un tiers d'artisans, travaillent à temps complet pour faire tourner cette véritable machine de guerre cinématographique qui entend exploiter la proximité du centre névralgique de l'informatique indienne, en utilisant de nouveaux logiciels créés pour l'occasion Pour l'instant on y tourne des spots de pubs (BMW). ce qui ne remplit ni l'hôtel, ni le carnet de commandes. Un studio aussi vaste peut attirer 20 tournages simultanément... En pleine crise du cinéma indien, on parle donc de folie, d'illusion. D'autant que les studios de Madras et Mumbay sont très concurrentiels. Beaucoup de producteurs ruinés ou financièrement fragiles n'ont pas les moyens de se payer le luxe de RFC. Ceux de Mumbay n'ont pas déserté Bollywood comme prévu.

Espoir ou illusion?. Avec des employés non syndiqués, un territoire sur-protégé, l'absence de paparazzi et de boîtes de nuits, RFC ne comporte pourtant que des avantages pour les producteurs. Les stars sont plus aptes à travailler, moins capricieuses, et les grèves sont impossibles. Mais tous ces "plus" n'ont pas séduit les Hindous, Tamouls ou Télougous. Seuls des producteurs étrangers pourraient être intéressés par ces infrastructures. Ce serait un compétiteur direct à Pinewood, Cinecitta, Berlin ou Madrid... Avec des coûts slashés de 50%, un producteur peut s'offrir des milliers de figurants pour pas cher, comme en Europe de l'Est ou au Maroc.... Même le Parc d'attraction à la Universal Studios est prévu. La particularité de Ramoji Film City repose en effet sur un coût divisé par deux (voyages et transports des équipes et du matériel inclus) et 40 plateaux flambant neufs sur lesquels on peut reconstituer tous les décors possibles et imaginables. Un aéroport, une gare, une prison, un hôpital, des bidonvilles et même un lac existent d'ores et déjà. Parmi les Occidentaux à avoir essuyé les plâtres et le stuc de cet ultra moderne Ciné città indien, un vétéran d'Hollywood, le producteur Roger Corman, qui vient d'y tourner Nightfall, un film de science-fiction interprété par David Carradine. Un autre deal a été conclu avec la société Nu Image pour la production de Crocodile, un film d'horreur qui se déroule à... Venise et dont le tournage devrait durer une quarantaine de jours. Comme son nom l'indique, Ramoji Film City est une véritable cité du cinéma qui devrait s'assortir prochainement d'un institut de la télévision et du cinéma destiné à former la nouvelle vague des techniciens indiens.

Ramoji Film City ressemble pourtant plus à un gigantesque décor de film indien qu'à un puzzle de décors occidentaux. Idéal pour les productions locales. Mais les producteurs indiens préfèrent y voir un lieu de rêve pour les occidentaux, dont l'argent rejaillirait sur l'industrie nationale entière.
sources : dossier Bollywood d'Arte Lonely Planet Bollywood Boulevard Fantastikasia CineMovies

Lundi 8 Décembre 2008
Fabienne-Shanti DESJARDINS

Edito | Interview | Personnalité | Evènement | Curiosité | Carnet de route indien | Indianités | Focus sur... | Mythes et mythologie | Livres coup de coeur | Arts | Histoire | Associations | Musique | Civilisation | Nouvelles et légendes | Portrait de femme | Les recettes de Joly | Impressions | Merveilles de l'Inde | Philosophie et religions | Vie quotidienne | Société | film coup de coeur | Dossier thématique | Géographie | Expressions de lecteurs


Inscription à la newsletter



Partager ce site