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 <title>Couleur Indienne</title>
 <subtitle><![CDATA[Un webzine, passerelle culturelle entre l'Inde et la France avec le slogan suivant : "le webzine amoureux de l'Inde"]]></subtitle>
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 <updated>2012-02-06T21:33:37+01:00</updated>
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   <title>Le retour de Susheela à Paris</title>
   <updated>2011-10-16T23:45:00+02:00</updated>
   <id>http://www.couleur-indienne.net/Le-retour-de-Susheela-a-Paris_a408.html</id>
   <category term="Edito" />
   <published>2011-10-10T20:54:00+02:00</published>
   <author><name>Fabienne-Shanti DESJARDINS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Interview Susheela Raman par LARTSENIC     <div><b>INTERVIEW DE SUSHEELA RAMAN - 6 Octobre 2011 à Paris (Café Raimo)</b></div>
     <div>
      Chers amis, <br />  Après plusieurs mois de silence, Couleur Indienne est de retour avec ses atours de d'automne avec un évènement majeur : le retour de la grande Susheela Raman en France, pour une tournée qui l'amène à Paris à l'Alhambra, le 12 Octobre 2011. Mais pour votre webzine préféré, l'évènement est d'autant plus exceptionnel que j'ai eu l'immense honneur d'obtenir une interview de la belle chanteuse Indienne tamoule..;Un entretien filmé par ma grande amie photographe de grand talent et réalisatrice émérite, Cathy DEYLAC, dont le blog "lartsenic" connait une renommée grandissante sur le net de par la qualité des choix musicaux qu'il propose. Ainsi Cathy et moi, en ce jeudi 6 octobre 2011, nous nous retrouvons dans un café-glacier du 12 arrondissement, le Raimo, ou Susheela attend les journalistes dans une petite salle, non abritée du bruit environnant des clients, des verres, des assiettes, de la vie quotidienne d'un après-midi dans un café très fréquenté. Cette ambiance peut être déstabilisante pour une personne comme moi peu habituée à l'audiovisuel...et poser des questions à un artiste dans de telles conditions afin de créer avec lui une complicité qui pousse à la connivence et à la confiance peut sembler difficile, mais il y a la magie de la présence de l'artiste. Elle m'accueille d'un large sourire et d'un regard chaleureux, peut-être parce que nous sommes de la même origine, issue de la même région de l'Inde, toutes deux pourtant nées et élevées en Europe mais toutes deux de couleur Indienne. Du coup toute appréhension, les inconvénients sonores...ont disparu et le regard amical de la cameraman, mon amie Cathy, m'aide aussi et nous voici lancées, toutes les trois; moi la modeste intervieweuse, elle l'artiste star tellement simple et spontanée pourtant et l'autre, la photographe cameraman, dont l'oeil jamais hostile nous entoure. Tout cela donne cette interview que vous trouvez à la une, avec les sourires de Susheela et la qualité exceptionnelle de l'image de Cathy...Merci à elles deux pour ce moment unique inoubliable. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Les couleurs d'Holi à l'approche de l'été, le ratha Yathra et la fête de Ganesh</title>
   <updated>2010-08-10T20:59:00+02:00</updated>
   <id>http://www.couleur-indienne.net/Les-couleurs-d-Holi-a-l-approche-de-l-ete-le-ratha-Yathra-et-la-fete-de-Ganesh_a373.html</id>
   <category term="Edito" />
   <photo:imgsrc>http://www.couleur-indienne.net/photo/art/imagette/2163392-3014907.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-07-08T23:14:00+02:00</published>
   <author><name>Fabienne-Shanti DESJARDINS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans ce numéro de Couleur Indienne, et cet edito ce sont 3 fêtes Indiennes importantes qui seront mises en valeur, la Fête de Holi, Le Ratha Yathra et enfin la fête de Ganesh...Trois ambiances, trois couleurs...Les livres, les arts et d'autres rubriques seront aussi présents comme dans les précédents numéros.  
 Ce nouveau numéro sera aussi plein de danses, de livres, de couleurs... sous le soleil d'été... une nouvelle escale dans ce voyage autour de l'Inde et de ses atours que je vous invite, excusez-moi cette fois-ci un peu tardivement à découvrir.  
  
 C'est tout d'abord sous le signe d'Holi cette fête colorée que ce numéro, qui a pris beaucoup de temps à sortir (et je m'en excuse) que je voudrais le placer.     <div><b>Holi, un grain de couleur en Inde et à Paris</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.couleur-indienne.net/photo/art/default/2163392-3014907.jpg" alt="Les couleurs d'Holi à l'approche de l'été, le ratha Yathra et la fête de Ganesh" title="Les couleurs d'Holi à l'approche de l'été, le ratha Yathra et la fête de Ganesh" />
     </div>
     <div>
       <font size=2> <br> C’est une histoire d’amour entre les dieux. Krishna à la peau bleue aimait Radha à la peau claire. Il n’était pas content, Krishna, d’être plus foncé que sa bien-aimée. Heureusement les mères des dieux, comme toutes les mères, ont toujours des idées : elle lui proposa d’appliquer de la couleur sur le visage de Radha. Chaque année, pour la pleine lune de février-mars, toute l’Inde célèbre cette histoire.

C’est Holi, la fête où tout est permis. Les femmes en sari chic se saoulent de bhang, les foules dans les temples jouent aux groupies rock, chacun se transforme en arlequin mouvant. Est-ce de la ferveur ou la débauche extrême ? Happy Holi, l’Inde est devenue folle !

D'abord en évoquant, par le biais de cette photo, la formidable exposition de la photographe Véronique DURRUTY, intitulée "Holi, un grain de couleur en Inde"et présentée à la Galerie "Le Pictorium" à Paris. Dans cette série autour de la fête de Holi en Inde, Véronique Durruty plonge au coeur de la matière
avec ces photos tactiles, au plus près de la peau, entre une réalité extrême où le grain de la peau se
fait palpable et un fantasme coloré, êtres d’imagination, petits hommes verts, bleus, sortis de nos
rêves ou tableau qui s’anime, on croit voir tour à tour le Radeau de la Méduse, une Pieta de la
Renaissance, une sculpture de terre d’Ousmane Sow, un tableau de Jackson Pollock ou de Nikki de
Saint-Phalle... Donner à voir, « en faire voir de toutes les couleurs », et dans un Tohu Bohu de tous
les sens, donner à sentir, puisque Véronique Durruty propose dans la galerie Le Pictorium une
exposition parfumée, où ses photographies sont accompagnées d’une fragrance originale du maître
parfumeur de Firmenich Alberto Morillas, « l’odeur du sacré », inspirée par ses photos de l’Inde...

<br><br>Epoustouflante exposition. Des images étonnantes, sensibles et énergisantes à la fois, étonnamment cadrées, où le grain de la peau, le grain des poudres de couleur pure et le grain du papier se fondent et se répondent pour nous donner une impression de vécu, de volume, de mouvement mêlés. Un résultat fort, autant pictural que photographique, de la part de cette artiste à la démarche pudique, dont je vous proposerai une interview dans un prochain numéro. 
<br><br>
Holi pourrait symboliser La Couleur Indienne, les couleurs de l'âme Indienne...Ces couleurs, cette teinte que j'essaie numéro par numéro de décliner pour vous. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Ratha Yathra de Paris en Juillet</b></div>
     <div>
       <font size=2> <br />Mais d'autres couleurs Indiennes ont teinté et teintent Paris et la France par des manifestations culturelles de qualité, dans le cadre du cycle Indien 'Bonjour India", en réponse à "Namaste France" en Inde au début de l'année.  <br />       <br />
       Ainsi la Ratha Yathra a été célébrée par voie de défilé et marché indien dimanche dernier le 4 juillet. Le Festival du RATHA YATRA, c’est TOUTE L’INDE EN FETE. <br /> <br />       <br />
       Le RATHA YATRA est l’un des plus grands festivals culturels et spirituels au monde. Il a lieu chaque année à PURI, sur la côte Est de l’Inde et rassemble plusieurs millions de personnes venues du pays tout entier. On le célèbre aussi dans plusieurs pays d'Europe, notamment à  Paris. En effet, le Festival du Char de JAGANNATH est célébré depuis une trentaine d’années dans les principales villes du monde (Londres , Sydney, New York, Zurich, Milan, Moscou, Budapest, Madrid, Nairobi, Toronto, San Francisco, Durban, Berlin, etc...) sous l’inspiration de Sri Srimad A. C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, fondateur du Mouvement International pour la Conscience de Krishna (ISKCON)       <br />
       Comme toutes les grandes fêtes spirituelles de l’Inde, la Kumbha Mela, Holi, Diwali et Janmasthami, le Ratha Yatra c’est : <br />       <br />
              <br />
       •Un esprit de tolérance entre communautés, races et religions. Célébrer l’unité de Dieu n’empêche pas de célébrer la diversité des modes d’adoration et des adorateurs. La célébration dans la joie et la fête est le trait d’union entre ces diverses cultures et expressions spirituelles et toute célébration authentique s’accompagne d’une vraie tolérance. <br />       <br />
              <br />
              <br />
       •Le bonheur du partage : plusieurs milliers d’assiettes végétariennes sont servies gracieusement à l’arrivée du défilé.       <br />
        <br />       <br />
              <br />
       •Une ambiance de fête : 5 heures de chants, de danses et de musiques traditionnelles. <br />       <br />
              <br />
       •Une multitude de couleurs : décorations florales du Char, fanions, maquillages sur le visage, tenues colorées,… <br />       <br />
              <br />
       - yatra signifie festival, procession, défilé <br />       <br />
              <br />
       - les "chars", les ratha en sanskrit, sont mentionnés depuis la plus haute antiquité dans les Écritures Sacrées de l'Inde, et on trouve, en archéologie de véritables "temples-char" dont le plus visité est celui de Konarak (pas très loin de la ville de Jagannath Puri).  <br />       <br />
              <br />
       Un  petit marché Indien était installé près de la Fontaine des Innocents à Paris à cette occasion. Ppur la signification de cette cérémonie, je vous propose de le découvrir dans la rubrique "Civilisation"       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
               <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Fête de Ganesh fin août 2010</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.couleur-indienne.net/photo/art/default/2163392-3110261.jpg" alt="Les couleurs d'Holi à l'approche de l'été, le ratha Yathra et la fête de Ganesh" title="Les couleurs d'Holi à l'approche de l'été, le ratha Yathra et la fête de Ganesh" />
     </div>
     <div>
       <font size=2> <br />Le nord de Paris se met pour une journée à l'heure indienne en célébrant Ganesh, le dieu-éléphant de la sagesse et de l'éducation.       <br />
              <br />
       Le 29 août, Paris fête Ganesh. Voilà déjà quinze ans que le dieu indien de la sagesse, de l'intelligence, de la prudence, qui préside aux écoles et protège les travailleurs du savoir est célébré chaque année dans le nord de la capitale, autour de son temple de Sri Manicka Vinayakar Alayam.       <br />
       <br />       <br />
       Pour plus de précisions, lire l'article dans la rubrique civilisation.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des nouvelles des travaux de l'Eglise Notre Dame des Champs à Pondichéry</b></div>
     <div>
      <font size=2> <br />Dans le précédent numéro de Couleur Indienne, en partenariat avec l'association "les amis du patrimoine pondichérien", dont nous vous proposions l'interview du président, nous vous soumettions une souscription afin d'aider les travaux de l'église Notre Dame des Anges. Voici les dernières informations transmises directement par l'association sur cette opération, que Couleur Indienne continue à soutenir.         <br />
       <br />       <br />
       Tout d'abord l'association "les amis du patrimoine pondichérien" nous informe de l’actualisation de leur site www.lesamisdupatrimoinepondicherien.org (avec photos de leurs chantiers) et de la création du« facebook » ouvert au nom de l’association qui ont permis d’élargir leur audience de manière significative.       <br />
       <br />       <br />
       Mais leur première pensée va tout d’abord vers les 60 généreux donateurs qui ont permis à leur association de lancer le commencement de la restauration de l’église Notre-Dame-des-Anges en septembre dernier. Chacun d’entre eux est devenu partenaire de ce chantier piloté sur place par le père Michael John Antonysamy, curé de la paroisse et maître d’ouvrage, et Patrick Lafourcade, maître d’œuvre, qui vit et travaille à Pondichéry depuis près de vingt ans.       <br />
       <br />       <br />
       Le deuxième clocher est en passe d’être repeint dans ce même rose napolitain qui caractérise cette église. Un échange nourri d’avis autorisés (leur bureau, leur conseil en patrimoine Marc Pabois, le père Michael John et son conseil paroissial, Patrick Lafourcade lui-même, l’INTACH, le brodeur Jean-François Lesage, etc.) a permis d’aboutir à un consensus pour donner de la couleur, et donc de la présence, aux 12 apôtres (terre de sienne, bleu pâle et couleur chair) et aux vases (d’un rose plus foncé), situés à mi-hauteur des clochers et jusqu’alors noyés dans la même couleur extérieure du bâtiment.<br />       <br />
       Par ailleurs, la révision de toute la maçonnerie extérieure est en passe d’être achevée. Les bancs de l’église sont pratiquement tous restaurés (menuiserie et recannage). La révision des fenêtres est achevée (reste encore certains carreaux de couleurs à reprendre). Le père Michael John a demandé à une artisane indienne de restaurer les tableaux du chemin de croix.<br />       <br />
       Le travail se concentre actuellement sur la peinture intérieure du dôme, la révision générale de l’électricité, les travaux d’étanchéité de la toiture et la peinture intérieure de l’église.       <br />
       Si la première campagne d’appels de fonds de juin-juillet 2009 a rapporté près de 30000 €, la seconde de janvier 2010 a rapporté près de 8000 €, dont une donation de 4000 € de la Fondation des Vieilles Maisons Françaises. Les donateurs pondichériens ont été également très généreux avec près de 10000 € rassemblés ces dernières semaines. Les travaux de restauration peuvent donc se poursuivre même s’il reste encore près de 30 000 € à rassembler pour leur achèvement.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <font size=2> <br />       <br />
       <b>DERNIERE MINUTE</b>       <br />
       C'est avec tristesse que j'ai appris dimanche le décès de Christian PETIT, écrivain que j'avais interviewé sur ce site et dont je vous avais présenté les oeuvres à plusieurs reprises.        <br />
       Ce que je retiens de lui c'était sa gentillesse, ses encouragements pour mon site, sa grande qualité de narrateur et de conteur, sa passion de l'Inde qu'il connaissait extrêmement bien. Je me souviens de nos conversations aussi. On se voyait régulièrement lors de manifestations autour de l'Inde et la dernière fois que je l'avais vu, il informait l'assistance de la préparation d'un nouveau roman, toujours sur l'Inde, sur le Shekawati, sujet sur lequel il avait fait une conférence en mai dernier.        <br />
       Son dernier manuscrit devrait être publié grâce à ses enfants que je salue et encourage au passage ainsi que sa femme. Couleur Indienne vous informera de la parution de ce prochain roman de notre cher ami écrivain dès que j'aurais du nouveau.        <br />
       En hommage à cet écrivain, vous pourrez redécouvrir dans ce numéro d'été l'interview qu'il m'avait gentiment accordé et les articles que j'avais consacré à ses oeuvres.        <br />
       Au revoir Monsieur Petit.        <br />
              <br />
       En toute Couleur Indienne       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.couleur-indienne.net/Les-couleurs-d-Holi-a-l-approche-de-l-ete-le-ratha-Yathra-et-la-fete-de-Ganesh_a373.html" />
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   <title>L'architecture de Pondichéry et sa préservation</title>
   <updated>2010-01-10T13:20:00+01:00</updated>
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   <category term="Carnet de route indien" />
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   <published>2009-12-06T19:22:00+01:00</published>
   <author><name>Fabienne-Shanti DESJARDINS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Souvenir de Pondichéry 
  
 Le bruit des vagues sur le cours Chabrol 
 Et la statue de Gandhi qui domine la mer 
 La blancheur des maisons  
 Et nos ballades, et nos errances… 
 Couleurs indiennes dans ma mémoire 
 Cette Inde là qui colle à ma peau 
 Me voile les épaules 
 Comme un sari indien flamboyant 
 Flottant comme un jour 
 Qui se lève sous le vent en France  
 Eclairé par un soleil d'Asie 
 Tandis que se fracassent 
 Les mots encens tels des vagues 
 Sur les rochers de ma mémoire... 
 D'une Inde presqu'inconnue 
 D'une Inde où je n'ai pas vécu 
 mais d'une Inde chérie... 
 Pondichéry. 
  
  
 Pondichéry (actuellement baptisée « Puducheri » son ancienne appellation) est la ville du Tamil Nadu dont ma famille est originaire. C’est l’Inde sans l’être tout à fait complètement. En effet, cet ancien comptoir français a vécu des mutations importantes au cours des cinquante dernières années, à savoir depuis son indépendance (plus tardive que le reste de l’Inde puisqu’elle date de 1951). Si l’ image de Pondichéry fait encore rêver quoiqu'avec nostalgie et exotisme, la ville est confrontée à la modernité et une part de son identité si particulière semble fragilisée, même si elle garde toujours quelques vestiges de son long passé - qui sont des témoignages qu’il est urgent de préserver, je pense. C’est ce paradoxe entre une modernité qui s’affiche et la permanence des rites et des habitudes culturelles qui constitue une partie du problème d’une cité comme Pondichéry mais aussi du reste de l’Inde, pays devenu à la mode en Occident et vers qui les yeux de ces mes mêmes grandes puissances sont dorénavant tournés pour un avenir économique plus prospère… 
  
 Justement l’émergence d’une classe sociale plus aisée a transformé de manière notable l’aspect de la ville, je l’ai vraiment remarqué quand j'y suis allée en 2006… L’arrivée des voitures et d’autres moyens modernes de transport est un des signes de la modernisation de la cité, ansi que l'installation de nouvelles entreprises françaises, de restaurants français etc... Pondichéry bouge. Cette modernité se lit également dans les transformations et les évolutions en matière d’architecture qui s’adaptent constamment à des modes de vie en mouvement !     <div><b>Une architecture pluri-culturelle</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.couleur-indienne.net/photo/art/default/545717-666490.jpg" alt="L'architecture de Pondichéry et sa préservation" title="L'architecture de Pondichéry et sa préservation" />
     </div>
     <div>
      <font size=2> <br>Pondichéry est une ville qui a gardé l’empreinte des deux cultures : la culture tamoule et  la culture française. Cette coexistence se traduit dans la structure même de la ville, dont la partie Est, le « Quartier Français ou Quartier Blanc», est peuplée de maisons au style colonial – avec cours intérieures ceintes de murs, à l’instar des anciens hôtels particuliers français. Le côté Ouest, le « Quartier Tamoul  (la maison de mes parents en fait partie), est représenté par ses habitations comprenant sur la rue une véranda et une succession de cours intérieures. Cette diversité confère à la ville une particularité qui fait lui donne toute son originalité et ce cachet unique en Inde.
<br><br>
Ainsi Pondichéry est caractérisée par un plan de ville régulier, dit en « échiquier ». Les rues sont toutes tracées en parallèles et perpendiculaires : les unes orientées Nord-Sud, les autres Est-Ouest. Les façades sur la rue dans le quartier français se caractérisent par des constructions continues avec de hauts murs abritant des jardins et des portails imposants. Les rues du quartier tamoul se caractérisent par des caractéristiques tels que les « thinnais » et les « thalvarams ». On appelle les rues où ses habitations se dressent, « rues de la conversation » à cause de leur dimension réduite et de leurs fonction de communication.
<br><br>
Les édifices monumentaux ne sont pas nombreux à Pondichéry, en fait, l’essentiel du patrimoine consiste en bâtiments résidentiels. Malgré cela, ils ont un charme particulier qui agit sur les visiteurs.
<br><br>
Le raison en est les centaines de maisons ordinaires bâties dans le style traditionnel, soit dans le quartier français ou tamoul qui donnent à cette ville un charme à part. Elles apportent un caractère particulier aux rues qui façonnent la ville.
Dans le quartier français, ce sont les villas ordonnées avec leur fenêtrage simple, les corniches, les pilastres, les balcons et les portails élaborés, qui définissent son ton et son ambiance. En revanche, le quartier tamoul acquiert sa particularité par ses rangées de colonnes des vérandas qui se continuent tout au long de la rue. L’essentiel de tous les styles d’architecture locale se trouve dans les éléments et les langages communs qui se répètent avec des nuances particulières. Toutes les maisons sont similaires mais aucune n’est pareille à l’autre. Là réside la beauté de l’ensemble.
Ces maisons massives ont en plus l’avantage d’être adaptées aux conditions climatiques et sociales.
<br><br>
Les variations entre les deux styles se retrouvent dans de nombreux bâtiments et particulièrement dans les maisons tamoules à deux étages...
Le rez-de-chaussée est en général de type tamoul avec un «thinnai», un «thalvaram», une cour à piliers et des portes de bois sculptées, alors que le premier étage montre l'influence française par ses pilastres cannelés, ses colonnes à chapiteaux, ses fenêtres voûtées et ses décorations en stuc.


     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'influence française</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.couleur-indienne.net/photo/art/default/545717-667714.jpg" alt="L'architecture de Pondichéry et sa préservation" title="L'architecture de Pondichéry et sa préservation" />
     </div>
     <div>
      <font size=2> <br>Les Français s’établirent pour la première fois à Pondichéry en 1674. Bien que tombée une fois sous la domination hollandaise et trois fois sous celle des Anglais, ce fut pendant 242 ans une colonie française jusqu’à ce qu’elle devienne membre de l’Inde indépendante en 1954.<br><br>
En flânant aujourd’hui au hasard des rues, de nombreux bâtiments et autres signes témoignent de la présence française : un monument aux morts élevé en 1937 à la mémoire des soldats de la guerre 14-18, sur l’Avenue Goubert, des statues érigées à la mémoire d’illustres personnages français tels que le gouverneur Joseph-François Dupleix et Jeanne d’Arc, des policiers portant le traditionnel képi rouge des cipayes français… On trouve aussi les armoiries de la République Française sur d’anciens bâtiments administratifs comme sur le Bâtiment des Travaux Publics, des noms de rues inscrits en lettres blanches sur des plaques émaillées sur fond bleu, en français et en tamoul, pour attester d’un passé commun. De grandes institutions abritées dans des lieux d’exception sont également là pour rappeler la volonté réciproque de conserver des liens très étroits (Ecole Française d’Extrême Orient, Foyer du Soldat…). Et bien sûr, le visiteur peut toujours prendre part à une bonne partie de pétanque.
<br><br>
La plupart des maisons françaises ont été construites d'après des plans similaires avec peu de variations et des façades donnant partiellement ou totalement sur la rue. Les murs d'enceinte du jardin protègent des cours intérieures privées sur lesquelles s'ouvre le reste des volumes du bâtiment.
<br><br>
L'intérieur du bâtiment est généralement plus décoré que l'extérieur. Le style est marqué par des hauts plafonds, des portes et des fenêtres hautes cintrées et dans le cas de maisons à deux étages, par des escaliers voûtés en spirale.
Souvent les lamelles des stores sont faites de matériaux légers, bois ou métal.
<br><br>
Les façades donnant sur les rues françaises sont caractérisées par la continuité de la construction entrecoupée de hauts murs de jardin et de portes ouvragées.
<br><br>
Les façades sont divisées en panneaux plus petits par des pilastres verticaux et des corniches horizontales, encadrant des fenêtres rectilignes ou de plein cintre avec bandages et volets à jalousies de bois.
Des balcons de bois sur corbeaux métalliques, des parapets continus décorés très simplement se rencontrent souvent.


     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'influence tamoule</b></div>
     <div>
      <font size=2> <br>L’architecture tamoule a elle aussi ses caractéristiques : une véranda sur la rue avec des tuiles de Mangalore sur des poteaux de bois et une véranda similaire à l’intérieur (thalvaram), un niveau surélevé avec des colonnes en bois (thinnai), une cour intérieure (mutram), une cour arrière.
<br><br>
En effet, dans le quartier tamoul , comme je le disais ci-dessus, les rues sont caractérisées par les «thinnais» (sorte d'espace semi-public) et les «thalvarams» (véranda intérieure avec un appentis sur des colonnes de bois). On les appelle les «rues qui parlent» à cause de leur atmosphère familière et accueillante.
<br><br>
Les façades extérieures présentent un «thalvaram», sorte d'extension publique de la maison offrant un abri aux piétons, ainsi qu'un «thinnai»avec des bancs en maçonnerie pour les visiteurs et les pèlerins. Ces «rues qui parlent», appelées ainsi à cause de leur atmosphère intime et de leur caractère accueillant, sont typiques de l'architecture tamoule traditionnelle. La rue sur toute sa longueur est rendue homogène par un enchaînement d'éléments juxtaposés qui définit l'horizon : appentis, corniches horizontales, pilastres et colonnes engagés ornés de parapets. 
<br><br>
Dans la structure intime de la ville tamoule, on peut observer les formes intéressantes que prend la construction allant, des modestes maisons de campagne à un étage et couverte de tuiles, aux imposantes maisons à deux étages marquées d'une forte empreinte coloniale.
Le «thinnai» marque l'espace de transition après lequel on pénètre dans la maison en passant par une porte de bois finement sculptée. A l'intérieur, le «mutram» (cour intérieure à colonnes) devient l'espace familial autour duquel s'organisent fonctionnellement les divers autres espaces. 

     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un patrimoine architectural en péril qu'il faut préserver</b></div>
     <div>
      <font size=2> <br>Sur le plan patrimonial, à Pondichéry, un constat est  dressé : en 1994, Pondichéry avait recensé 1 807 bâtiments faisant partie d’un patrimoine à préserver. Ils ne
sont plus que 1 197 aujourd’hui, et nombreux sont ceux qui vont disparaître. Des projections prédisent que, si le rythme de démolition actuel se poursuivait, il ne resterait plus que 700 bâtiments en 2008 et 150 en 2015. Le changement de mode de vie, la spéculation sur les prix des terrains, le morcellement de la propriété ou encore le manque d’entretien, sont autant de facteurs conduisant à cet état de fait. L’on assiste aujourd’hui au développement hâtif et quelque peu anarchique de nouvelles constructions modernes qui rompent une certaine harmonie du paysage urbain.
<br><br>
Les transformations et changements qui ont lieu aujourd’hui sont notamment dus à un manque de conscience et de compréhension des modèles architecturaux traditionnels. A Pondichéry, c’est l’INTACH qui est l’un des membres les plus actifs pour inciter les pouvoirs publics à soutenir des projets et responsabiliser les habitants sur le sujet de la préservation du patrimoine. De grands axes de travail ont ainsi été développés, pour établir un état des lieux de ce qu’il était nécessaire de protéger d’une part, et initier une politique de protection du patrimoine de l’autre :<br><br>

• Inventaire de 1988 à aujourd’hui des constructions appartenant au patrimoine de la vieille ville et classification de celles-ci selon 4 catégories;<br>
• Mise en place d’une charte graphique, de documentation et d’exposition ou de séminaires visant à éduquer et sensibiliser le public;<br>
• Développement d’un fond de soutien et mise en place d’une politique de subventions ou de pénalités pour les propriétaires;<br>
• Elaboration de projets de lois visant à interdire la démolition, à obliger à suivre un modèle traditionnel pour les restaurations et pour les nouvelles constructions (couleurs, types de façades);<br>
• Réhabilitation de résidences comme l’ancien bureau départemental qui a été transformé en un prestigieux hôtel : « l’Hôtel de l’Orient »;<br>
• Mise en place de parcours pédestres sur le thème des « visites du patrimoine » ;<br>
• Développement d’une vraie politique signalétique de la zone historique qui soit plus efficace et plus élégante.<br>



     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les amis du Patrimoine Pondichérien</b></div>
     <div>
      <font size=2> <br> <b>Les Amis du Patrimoine Pondichérien (APP) </b>est une association de personnes françaises, européennes et indiennes désirant unir leurs efforts pour protéger et restaurer le patrimoine architectural unique, constitué par les anciennes maisons françaises et tamoules de Pondichéry, et plus largement, de tous les édifices du sous-continent indien où s’est inscrite, au fil de l’histoire, la présence française. Ce patrimoine est aujourd'hui gravement menacé alors qu’il demeure le témoin d’une collaboration ancienne et très étroite entre la France et l’Inde. 
<br><br>
Les Amis du Patrimoine Pondichérien, dont le Président  et fondateur est Charles-Hubert de Brantes, disposent de bureaux à Paris et Pondichéry, d’experts tant sur l’histoire de la présence française en Inde que sur toutes les réalisations architecturales ou culturelles qui ont permis l’expression d’une culture devenue mixte. 
<br><br>
Ils établissent des liens avec tout autre groupement français, indien ou autre, s’inscrivant autour d’objectifs analogues aux leurs. En particulier avec : l'AFUI (Association France-Union Indienne), les Amis de Jaipur, le CIDIF (Centre d'Information et de Documentation de l'Inde francophone), l'Ecole Française d'Extrême-Orient, l'Institut Français d'Indologie, l'INTACH (Indian National Trust for Art and Cultural Heritage), la Société d'Histoire de Pondichéry, les Vieilles Maisons Françaises, et beaucoup d’autres tant en France qu’à l’étranger...


     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les buts de l'Association </b></div>
     <div>
      <font size=2> <br> Fondée en 1995, Les Amis du Patrimoine Pondichérien ont pour but de :

Protéger et restaurer les anciennes maisons du centre historique de Pondichéry, <br>

Soutenir toute initiative publique ou privée qui respecte cet environnement, <br>

Rassembler tous ceux qui souhaitent participer à la sauvegarde et au rayonnement de l'héritage français en Inde. <br>

Après la première assemblée des Amis du Patrimoine Pondichérien en 1995, une charte sur la protection et la restauration du patrimoine architectural et urbain de Pondichéry a été rédigée en français et en anglais, puis distribuée auprès du public et des autorités indiennes et françaises. <br>

Cette charte a reçu le soutien de l'Ecole Française d'Extrême-Orient (Mme Françoise L'Hernault) et de l'INTACH (Indian National Trust for Art and Cultural Heritage).<br>

De 1996 à 2004, neuf Prix annuels du Patrimoine ont été décernés à Pondichéry pour encourager la protection et la restauration de la cité franco-tamoule. Cette initiative a permis de sensibiliser tous les acteurs concernés directement ou indirectement par la préservation de nos racines communes. A commencer par les propriétaires de maisons anciennes, les autorités publiques et le grand public et grâce à l’organisation d’importantes manifestations lors de la remise des prix à leurs lauréats : <br>

A Paris, dans le cadre de l'Assemblée Générale des Vieilles Maisons Françaises, 
A Pondichéry, sous la Présidence du Dr Nallam, (Président de l'association en Inde) et/ou de M. Charles-Hubert de Brantes (Président de l' association en France), évènements largement relayés par les media locaux (presse et TV). <br>

Fort de ces réalisations, et avec le soutien d'un  puissant réseau d’experts et de sympathisants, Les amis du patrimoine Pondichérien ont établi des échanges entre historiens, universitaires, ambassades/ministères, acteurs économiques, donateurs, associations (françaises, indiennes, autres…). Le tout, destiné à favoriser l’émergence de projets communs et d’échanges autour de thématiques tout aussi communes :  la sauvegarde de nos racines. <br><br>

Vous trouverez dans la partie interview, un entretien que j'ai eu avec son président, Monsieur Charles Hubert de Brantes.  


 

     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les chantiers et réalisations de l'Association</b></div>
     <div>
      <font size=2> <br> Dès 1995, la  première action concrète de l'association fut, la restauration de la grille en fer forgé du kiosque à musique dans le jardin central de Pondichéry, avec l'aide du Rotary Club. Mais d'autres chantiers sont en projet.
<br>
La Restauration du Foyer du Soldat à Pondichéry, la restauration de l'Eglise Notre Dame des Anges, la restauraution du Lycée Français de Pondichéry, du cimetière chrétien etc... (voir  ci-joint la lettre d'information de l'association datée de juin 2009).

     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La restauration de l'Eglise Notre Dame des Anges</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.couleur-indienne.net/photo/art/default/545717-2328247.jpg" alt="L'architecture de Pondichéry et sa préservation" title="L'architecture de Pondichéry et sa préservation" />
     </div>
     <div>
      <font size=2> <br> L’église Notre-Dame des Anges a été construite en 1855 par l’ingénieur Louis Guerre, ancêtre de plusieurs membres des APP. Avec sa belle couleur « rose napolitain »,cette église s’élève face à la Baie du Bengale. Bien entretenue par les paroissiens et le père Dussaigne, prédécesseur de l’actuel curé, le Père Michael John,  elle mérite aujourd’hui une nouvelle restauration pour assurer la sécurité de ses fidèles et surmonter les détérioriation dues aux moussons. Le père Michael John, en accord avec l’archevêque de Pondichéry, a demandé à l'Association de l’aider à préparer le projet. Cette dernière lui a fait rencontrer deux entrepreneurs qualifiés dans ce genre de restaurations anciennes, qui ont fourni plans et devis. L’ensemble des travaux représentera environ 50 000 €, dont une partie a déjà été rassemblée. Une souscription a été lancée début juin 2009 a déjà permis de débuter les travaux : l’étanchéité des toitures, de nouvelles fenêtres,  etc. <br>D’autres partenaires vont devoir être sollicités, c'est pourquoi Couleur Indienne s'associe avec les amis du Patrimoine Pondichérien pour lancer une souscription afin de récolter des fonds supplémentaires pour achever les travaux de l'église. Vous la trouverez en pièce jointe ainsi qu'une note sur le budget de cette restauration<br><br>
Merci de répondre nombreux à cette requête qui permettra de préserver un des joyaux de notre architecture française à l'étranger....
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.couleur-indienne.net/L-architecture-de-Pondichery-et-sa-preservation_a218.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Un numéro hivernal plein de couleurs</title>
   <updated>2009-12-08T16:07:00+01:00</updated>
   <id>http://www.couleur-indienne.net/Un-numero-hivernal-plein-de-couleurs_a354.html</id>
   <category term="Edito" />
   <photo:imgsrc>http://www.couleur-indienne.net/photo/art/imagette/1748976-2372120.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-12-06T19:11:00+01:00</published>
   <author><name>Fabienne-Shanti DESJARDINS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
« Pondichery, dont jadis Dupleix a fait "la reine de l'Orient", végète sous le soleil tropical, balayé par la mousson, face à cette mer houleuse du Golf du Bengale, où le Bailli de Suffren a tant de fois défié la flotte anglaise.../... Dans ses rues droites et poussiéreuses à la dure clarté du soleil, dans ses avenues ombragées, également désertes et bordées de hauts murs de pierre grise, le silence m'accable et me déprime. Seul le bruit de mes pas résonne sur les trottoirs usés et m'inspire une vague inquiétude. Par les grilles entr 'ouvertes j'aperçois de vieux jardins envahis par une végétation sauvage et luxuriante qui pousse à l'ombre des grandes arbres aux fleurs jaunes, rouges et mauves. Des maisons basses de structure solide et d 'aspect patricien paraissent derrière le feuillage touffu qui les cache à moitié (...)  
 Qui peut bien les habiter encore ces maisons ? Derrière ces persiennes toujours closes, dans des Salons Empire, de très vieilles personnes aux façons ancien régime doivent y faire ménage avec des mémoires. .../... Dans le brouhaha général on distingue la voix des marchands, qui, accroupis sur leurs étalages, interpellent les passants (...) 
 Douglas Taylor©De Lanka à Pondichéry     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.couleur-indienne.net/photo/art/default/1748976-2372120.jpg" alt="Un numéro hivernal plein de couleurs" title="Un numéro hivernal plein de couleurs" />
     </div>
     <div>
      <font size=2>Pondichéry, ce nom est presque un poème, un refrain dans ma mémoire. Je n’y ai jamais vécu mais ma famille y a ses racines…Cet ancien comptoir français en Inde a une histoire assez mouvementée. Juste après sa fondation par les Français, en 1674, ce petit joyau situé dans le golfe du Bengale est tombé entre les mains des Hollandais. La France réussit à le récupérer en 1815 mais la ville a été ensuite pillée et détruite par les Anglais.        <br />
       Bien que la ville ait été ensuite reconstruite par ses fondateurs, elle avait perdu définitivement son statut d'antan, ne représentant qu’une escale sur la route de l’Indochine Française. Ainsi même après sa restitution à l’Inde en 1956, “Pondy”, comme on la surnomme affectueusement, a végété, s’est laissée vivre… n’avançant pas au même rythme que le reste du pays.        <br />
       En fait, il faut le reconnaître,  pendant la plus grande partie de son histoire, Pondichéry la ville blanche,  a été une ville endormie, vieillissante, mais sympathique et chaleureuse en même temps.       <br />
        <br />       <br />
       Aujourd’hui depuis plusieurs années le sommeil de la ville n’est plus d’actualité. En effet, Puducherry, comme elle est officiellement baptisée depuis 2006 (mais on utilise rarement ce nom, les amoureux de la ville, les nostalgiques comme moi ont du mal à prononcer ce nouveau nom), exploite une version plus attrayante de son histoire. Elle retrouve ses ambiances et ses liens avec la France tout en ne reniant pas son indianité… Ainsi Pondichéry retrouve des accents français, avec sa manière de manger, de boire, de faire des achats et de se détendre…tout en restant dans des dimensions culturelles très Indiennes. C’est l’Inde tout en ne l’étant pas complètement… Une Inde couleur Française ou une France couleur Indienne… <br />       <br />
              <br />
       Une ville entre deux, pourtant toute petite, située sur la côte Sud est de la Peninsule Indienne. Une toute petite ville .  Elle compte à peine 1 million d’habitants, dont la majorité vivent dans des immeubles en béton de trois ou quatre étages totalement sans aucun charme, sans aucune âme, comme on en voit dans les régions les plus pauvres d’Asie. <br />       <br />
              <br />
       Pourtant, lorsqu’on se rapproche du golfe, le paysage architectural de la ville se métamorphose. On voit apparaître alors des toits de tuiles et des volets en bois, des balcons colorés, des colonnades, de larges rues pavées et des églises catholiques aux couleurs pastel, comme la cathédrale, ou l’Eglise rose presque face à la mer au joli nom de « Notre Dame des Anges ». Ce bel édifice, fleuron de l’architecture française, a besoin de se faire une nouvelle jeunesse comme la ville qui retrouve ses parfums et ses atmosphères d’antan… <br />       <br />
              <br />
       Cette partie de la ville constitue ce que l’on appelle l’ancienne “ville blanche”, où vivaient auparavant les colons. Ici, sous une apparence de tranquillité très peu Indienne, Pondichéry est en train d’exploser. En moins d’une décennie, la branche locale du Fonds national indien pour le patrimoine artistique et culturel a œuvré à la restauration de plusieurs dizaines d’édifices historiques – des maisons de particuliers, mais aussi d’anciennes résidences de gouverneurs.       <br />
       Près de ce quartier, il y a la rue Montorsier, le quartier « historique » de la famille de ma mère, les Francine, où se trouve la maison que mes parents ont construite en hommage à cette histoire familiale. On n’est plus tout à fait dans la ville blanche, mais sa proximité lui donne quasiment le même statut.        <br />
              <br />
       Nous sommes dans une autre ville, un autre monde presque hors du temps…auréolé d’un silence presque miraculeux, car surprenant en Inde.       <br />
       Quand je suis dans la maison rue Montorsier, je n’entends pas le bruits de voitures, ni les klaxons, le silence envahit la maison et je peux dormir tranquille.       <br />
       De ce côté de la ville, la paix et la sérénité se sont imposées… Pas loin sur la promenade du front de mer, des couples et des familles – une majorité d’Indiens et une poignée de touristes français – se baladent le long d’une plage trop rocheuse pour pouvoir s’y baigner, passant devant l’hôtel de ville et la grande statue  de Gandhi.       <br />
              <br />
       C’est parce que j’aime cette ville, que Couleur Indienne, dans ce numéro d’hiver, a décidé de s’associer à la belle initiative de l’Association des Amis du Patrimoine Pondichérien de restaurer les immeubles historiques qui font son identité. Une souscription a été lancée pour que ceux qui comme son président Monsieur Charles-Hubert de Brantes (interviewé dans ce numéro) et d’autres sont attachés à cette ville si particulière de l’Inde puissent contribuer à la restauration de « Notre Dame des Anges »  (lire l’article sur l’Architecture de Pondichéry).        <br />
       Je vous propose aussi de découvrir une autre personnalité hors du commun, RAJAGOPAL, fondateur et leader du mouvement « Ekta Parishad », qui m’a accordé un entretien exceptionnel.        <br />
       Vous trouverez aussi mes coups de cœurs littéraires, avec notamment une présentation des Lettres de Shandili, de notre ami Philippe PRATX, que j’ai aussi interviewé.         <br />
              <br />
       Avant de conclure, sachez que vous pourrez trouver des articles de Couleur Indienne dans le numéro 2 de la Nouvelle Revue de l'Inde (Editions L'Harmattan)       <br />
              <br />
       Permettez-moi avant de vous laisser découvrir ces nouvelles pages, de vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année.       <br />
              <br />
       En toute Couleur Indienne.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.couleur-indienne.net/Un-numero-hivernal-plein-de-couleurs_a354.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Un numéro d'été toute en musique</title>
   <updated>2009-07-11T23:14:00+02:00</updated>
   <id>http://www.couleur-indienne.net/Un-numero-d-ete-toute-en-musique_a337.html</id>
   <category term="Edito" />
   <published>2009-06-24T16:41:00+02:00</published>
   <author><name>Fabienne-Shanti DESJARDINS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Chers abonnés et amoureux de l'Inde, 
  
 Il y a une semaine, j'ai assisté au Concert de Susheela Raman à Paris et ce fut un moment unique que j'aimerais partager avec vous. J'ai voulu attendre ce concert pour pouvoir publier ce nouveau numéro, c'est ce qui explique en partie le délai de parution de ce numéro estival. Un numéro dédié à la musique, d'où le choix de ce petit clin d'oeil mignon repéré sur youtube, en illustration de cet edito de cette petite Indienne chantant l'hymne national Indien.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/5phDlQIOfls&hl=fr&fs=1&"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/5phDlQIOfls&hl=fr&fs=1&" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"></embed></object>     </div>
     <div>
       <font size=2> <br> <br>Ce présent numéro, il  m’a fallu du temps pour le sortir, oui, ça n’est pas évident de tenir la barre d’un tel magazine quand on a un ordinateur à la connexion instable et qu’on est toute seule pour tout faire, mais quand on est passionné par son sujet et que l’Inde vous habite, il faut continuer, même si ça prend du temps. Cela fait 7 ans à présent que Couleur Indienne existe et qu’il essaie de vous proposer une vision culturelle, sociale, personnelle et je l’espère complète de ce pays qui nous attire tant. J’ai toujours essayé de décliner les nuances de la couleur de ce pays. Cette fois-ci ce sont les nuances musicales qui sont à l’honneur avec l’interview de deux chanteuses d’origine Indienne, la belle Kiran AHLUWALIA et la merveilleuse Susheela RAMAN, deux styles, deux voix et deux approches de la musique qui m’ont plu et qui, j’espère, sauront vous intéresser aussi, avec comme je vous le disais en exergue, mon commentaire sur le concert de Susheela, dans la rubrique "impressions". 
<br> <br>
L’opportunité de ces deux rencontres me permet d’aborder aussi la musique hindoustanie et les différents types de chants indiens ainsi que d’évoquer les instruments de musique Indiens, avec un article en deux parties, dont la première, cette fois-ci vous présentera les instruments à cordes et l’instrument fondamental que représente la voix dans la tradition musicale Indienne.
<br> <br>
Un très joli carnet de voyage vous emmènera sur les rives du gange et des sonorités hindoues « au rythme du Raga ». Ses auteurs, que j’ai interviewé dans ce numéro, ont choisi de faire un périple autour de la région Nord de l’Inde au fur et à mesure de leur apprentissage de la musique hindoustanie. 
<br> <br>
Mais quand on parle de musique Indienne, il ne faut pas oublier la musique carnatique, à laquelle je suis attachée de par mes origines et qui est aussi la base de l'éducation musicale indienne de Susheela, en plus de ses influences pop, jazz....
<br> <br>
Ce numéro met aussi les femmes à l'honneur avec non seulement les chanteuses citées plus haut, la ravissante petite fille, star en herbe, qui vous accueille en introduction, mais aussi des femmes marquantes dans la politique Indienne actuelle, elles sont en quelque sorte l'exemple de cette energie féminine évoquée dans l'hindouïsme et qu'on appelle "Shakti". Sans oublier une autre femme exceptionnelle, auteur de renom, Esther DAVID, et son roman, paru en début d'année, "Le livre de Rachel" aux éditions Héloïse d'Ormesson.
<br> <br>
Mais je ne voudrais pas oublier les participations de rédacteurs talentueux pour ce numéro, dans la rurique "expressions de lecteur" . Ainsi vous pourrez découvrir un très beau poème d'un ami poète, Marin Serres, et un article très intéressant et bien écrit de Muriel Kakani sur la tradition des fleurs coupées en Inde.
<br> <br>
Enfin, dans la rubrique, créée en l'honneur de ma si chère maman, qui me manque tant, "les recettes de Joly" vous trouverez des recettes végétariennes Indiennes.
<br> <br>
Pour finir, je voudrais vous souhaiter de bonnes vacances, un bel été... en toute Couleur Indienne.
<br> <br>
Bon lecture et bon voyage.
<br> <br>
Shanti (Fabienne)


     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.couleur-indienne.net/Un-numero-d-ete-toute-en-musique_a337.html" />
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